« Je suis en train d’arriver » ou l’exemple d’un référentiel temporel différent PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Vendredi, 10 Août 2012 01:32

Combien de fois, depuis mon arrivée à Rio de Janeiro, ai-je entendu l’expression « estou chegando » qui signifie littéralement « je suis en train d’arriver » (l’équivalent de « j’arrive » en France) ? Je n’ai pas compté, mais cette expression revient très souvent ici, que ce soit dans la vie personnelle ou la vie professionnelle. Bien sur, au début, j’y croyais. Lorsqu’un interlocuteur me disait « to chegando », je m’attendais à le voir dans les 5 ou 10 minutes. Toutefois, il m’est arrivé, après avoir entendu cette fameuse expression, d’attendre beaucoup plus longtemps : 30 minutes, 45 minutes, 1 heure, parfois plus… Pourtant mon interlocuteur n’était pas mal intentionné en me disant « to chegando », son objectif n’était pas de me faire attendre bêtement. Non, c’est seulement que nos référentiels temporels sont différents ! Un français (Européen ?) utilisera cette expression lorsqu’il est réellement sur le point d’arriver, un Carioca (brésilien en général ?) l’utilisera s’il est simplement en chemin, même s’il a une heure de transport.

Un soir de février 2010, alors que mes parents étaient au Brésil, nous attendions un copain pour sortir. Celui-ci nous a dit « to chegando », mais j’ai du expliquer à mon père -en général ponctuel et dont l’attente n’est pas son activité favorite - qu’il fallait s’adapter à la culture locale et qu’ici, le « j’arrive » n’a pas la même signification qu’en France. J’ai bien fait de le prévenir et heureusement qu’il s’est adapté à la culture locale, car le copain qu’on attendait est arrivé avec plus d’une heure et demi de retard…et, de son point de vue, il n’était pas en retard. Des exemples comme ça j’en ai plusieurs en tête…jusqu’à ce que je prenne moi aussi le pli d’arriver « plus tard que l’heure prévue », ce qui ne signifie pas forcément « en retard » ! Je dois avouer que je me suis globalement bien (trop bien ?) habitué à cette gestion des horaires. J’ai une amie, brésilienne, qui arrive invariablement à l’heure et qui, du coup, m’attends systématiquement. J’ai honte !

Entre la France et le Brésil, le référentiel temporel est différent

Entre la France et le Brésil, le référentiel temporel est différent

A propos d’horaires, j’ai parfois l’impression qu’ils sont plus « à titre d’information » qu’autre chose. Je me rappelle d’une soirée d’anniversaire peu de temps après mon arrivée au Brésil, j’ai du arriver plus ou moins à l’heure...et les autres sont arrivés avec plus de 2h30 de retard montre en main (j’ai failli rentrer chez moi ce jour la !)… Ou alors cet autre anniversaire, l’amie qui l’organisait m’avait prévenu « c’est à 13h00, mais comme t’es Européen n’oubli pas que quand on dit 13h00 au Brésil ça veut dire 15h00 ! ». J’étais donc arrivé à 15h00 précises...et j’étais l’un des tout premiers invité à arriver (et mon « retard programmé ponctuel » a bien fait rire les brésiliens !).

Mais voici maintenant plus de 2 ans que je vis à Rio je me suis bien adapté. Lors de mon séjour en France au mois de juin les rôles ont souvent été inversés : je disais « j’arrive »...alors que je n’étais pas encore parti et j’étais bien loin d’arriver à proprement parler. C’est ce qu’on s’appelle s’être bien adapté à la culture locale, n’est-ce pas ?

L’une de mes colocataires, qui vient de São Paulo, me dit que ce retard est surtout vrai à Rio et que c’est assez différent à São Paulo et ailleurs au Brésil. Je n’ai pas passé assez de temps dans les autres Etats pour avoir une opinion, mais si vous vivez au Brésil n’hésitez pas à nous donner votre point de vue.
PS : il y a bien sur des brésiliens ponctuels « points de vue Européen », dans cet article je parle seulement d’une tendance que j’observe et vis régulièrement depuis mon arrivée à Rio.

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L’achat à crédit, ou l’impressionnante (et inquiétante) manière de consommer des Brésiliens PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Vendredi, 20 Juillet 2012 00:58

C’est l’une des choses qui me marque le plus depuis mon arrivée au Brésil : la généralisation de l’achat à crédit. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler, les Brésiliens sont généralement de grands consommateurs. Cela s’explique notamment par le fait que la croissance économique du pays permet un enrichissement personnel qui donne accès à des biens de consommation que bien peu de gens pouvaient acquérir il y a seulement quelques années : télévisions (notamment écrans plats), téléphones portables, ordinateurs, etc. C’est évidemment positif que davantage de gens dans les pays en développement aient accès à des choses devenues courantes dans les pays dit « développés ».

Ce qui me semble par contre plus dangereux, c’est lorsqu’une part importante des achats est réalisée « à crédit ». Et acheter à crédit, les Brésiliens affectionnent particulièrement cela, c’est parfois impressionnant...et inquiétant. Il faut dire qu’ici tout est fait pour faciliter les achats à crédit, entre les banques qui proposent des cartes de crédit à tout va et les magasins, stations essences ou compagnies aériennes qui proposent de payer en « 10 fois sans frais ». Récemment encore, il était possible d’obtenir un crédit à la consommation par un simple appel téléphonique ! Et cela reste possible auprès de n’importe quel distributeur de billets (de sa propre banque). Sans parler des « chèques spéciaux », situés à la fin des carnets de chèques ils entrainent le paiement de taux d’intérêts absurdes. Heureusement qu’on m’en a parlé avant que je les utilise par erreur ! Je suis toujours « choqué » par le nombre de carte de crédit lorsqu’un (ou une !) Brésilien(ne) ouvre son portefeuille, on peut souvent en compter 3 ou 4, mais on monte parfois à 5, 6 ou 7 cartes différentes !! D’ailleurs, il est maintenant possible de payer avec des cartes de crédits même sur les plages de Rio !

Publicité d’une banque brésilienne proposant jusqu’à 5 cartes de crédits

Publicité d’une banque brésilienne proposant jusqu’à 5 cartes de crédits

Alors bien sur en France aussi nous recourons aux crédits, mais le « modèle » des crédits me semble différent entre l’hexagone et le Brésil. En France, les emprunts / crédits sont principalement utilisés pour des achats « importants » ou « d’investissement » : voiture, maison, etc. Au Brésil, c’est la généralisation des crédits à la consommation qui me parait dangereux : l’achat d’une paire d’Havaïanas, d’une trente-deuxième paire de chaussure ou du dernier smartphone à la mode. Même si je ne connais pas la répartition entre les emprunts à la consommation et les emprunts d’investissement, d’après la Banque Centrale Brésilienne le taux d’endettement des brésiliens est de 44% des revenus. D’après le Ministère des Finances, qui a divulgué l’information par erreur, le taux d’endettement des brésiliens est de…64% des revenus annuels ! En France, la limite admise est située à 33% des revenus. Suivant les sources, c’est donc plus ou moins la moitié des revenus des ménages brésiliens qui sont consacrés au remboursement de leurs dettes (financements, emprunts et achats à crédit). Avec souvent un effet boule de neige : de nouveaux emprunts sont réalisés pour pouvoir rembourser les emprunts déjà contractés...

Il y a quelques jours j’ai croisé un copain et j’ai découvert qu’il avait maintenant un iPhone. Il m’a dit qu’il l’avait payé 2000 Réaux (800 euros), soit plus de 3 salaires minimum… mais aussi près d’un mois de salaire de l’acheteur. Et il n’est pas rare de voir des gens qui ont un téléphone portable coutant plusieurs mois de leur propre salaire...

Face aux risques de l’augmentation rapide des dettes des ménages brésiliens, le gouvernement de Rio de Janeiro a ouvert en 2011 la première Ecole d’Education Financière du pays. L’objectif est clair : proposer des cours, gratuits, aux salariés, étudiants, retraités et au public en général, sur la « gestion du budget familial, les marchés financiers, les crédits et les systèmes de prévoyances. Apprendre à programmer ses dépenses et s’assurer un futur sans dettes ».

L’Ecole d’Education Financière à Rio de Janeiro. Crédit photo Gouvernement RJ

L’Ecole d’Education Financière à Rio de Janeiro. Crédit photo Gouvernement RJ

C’est également avec l’objectif de donner les bases d’une « éducation financière » aux salariés que mon entreprise a, l’année dernière, fait venir un intervenant externe pour donner des conseils d’une bonne gestion financière. De manière très pédagogue et concrète, il a essayé de faire passer le message suivant « ne consommez pas de manière impulsive, prenez le temps de la réflexion et limiter au maximum vos achats à crédit ». Il faut dire que non seulement les brésiliens achètent beaucoup à crédit, mais en plus les taux d’intérêts sont parmi les plus élevés du monde : pour les personnes physiques, le taux d’intérêt moyen des emprunts est de 44% !!

Lorsque j’ai acheté ma voiture, j’ai fait un emprunt (en France) à un taux d’environ 3% à l’année. Les concessionnaires brésiliens me proposaient, eux, un taux d’environ 3%...au mois ! Et les taux des cartes de crédits sont beaucoup plus élevés (entre 10 et 14% au mois !!!). Ces dernières années, les prix dans l’immobilier ont énormément augmentés, ce qui compensait en partie les taux d’intérêts élevés. Mais cela semble s’essouffler, par contre les emprunts à rembourser n’ont pas disparus (ajout du 26/07 : j’ai vu hier soir que les problèmes de remboursement des crédits ont augmentés de plus de 30% en un an). Cela expliquerai les difficultés pour de nombreuses personnes de réaliser de nouveaux emprunts / crédits, et, par conséquent, la forte diminution dans la consommation des brésiliens…et une stagnation économique du Brésil au premier trimestre de l’année en cours (+0,2% seulement alors que les autres pays du BRICS sont entre 4,8% et 8,2% de croissance).

Je ne suis pas économiste et n’ai jamais mis les pieds aux Etats-Unis (j’espère donc ne pas dire de bêtises), mais je trouve qu’il y a au Brésil de nombreux points communs avec le modèle américain. Et quand on voit l’importance des crédits en tout genre dans le déclenchement de la crise que nous vivons depuis 2008, on peut avoir une certaine inquiétude pour le géant d’Amérique du Sud. D’ailleurs, je lisais récemment sur le leblogalupus le commentaire suivante « à noter qu’avec un taux d’endettement des ménages qui explose, le Brésil est sous le choc de 2 bulles spéculatives : une bulle des crédits aux particuliers et une bulle sur l’immobilier ». A suivre...

Et vous, comment consommez-vous ? Faites vous beaucoup d’achats à crédit ? Utilisez-vous les emprunts à la consommation ? Ou alors gardez-vous les achats financés aux seuls achats conséquents (logement, voiture) ? Avez-vous rencontré, au Brésil ou ailleurs, des situations comparables à celles que je décris dans cet article ?

PS : j’ai écris cet article à partir de mon propre ressenti et de quelques lectures d’articles, mais je n’ai jamais été à l’Ecole d’Education Financière, donc si je dis des bêtises, dites le moi!

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Rio+20 vu de Rio de Janeiro, une grande conférence pour pas grand chose ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Jeudi, 21 Juin 2012 00:29

Depuis quelques jours et jusqu’à la fin de la semaine, Rio de Janeiro accueille le sommet « Rio+20 », une conférence des Nations Unies sur le développement durable. Cet évènement se tient 20 ans après le « Sommet de la terre de Rio » ou « Eco92 », d’où le nom Rio+20. Le sommet de 1992, marqué par le discours de Serven Cullis-Suzuki, une canadienne de 12 ans, est souvent présenté comme le premier grand évènement ayant permis une prise de conscience écologique et de l’importance du développement durable. Wikipedia indique notamment que ce sommet « a donné le coup d'envoi à un programme ambitieux de lutte mondiale contre les changements climatiques, l'érosion de la biodiversité, la désertification, et l'élimination des produits toxiques dangereux ». Quelques années plus tard, le Protocole de Kyoto était signé, contraignant les Etats signataires à réaliser des efforts nécessaires. La conférence Eco92 a permis une réelle prise de conscience de la question du développement durable, ce qui à l’époque était une victoire.

Dans la continuité, l’objectif de Rio+20 est de réfléchir à « l’avenir que nous voulons » ou encore « aux meilleurs moyens de protéger la Terre et ses 7 milliards d’habitants ». Joli et ambitieux programme ! Pour cela, des centaines d’ONG, entreprises, citoyens et Etats discutent, parfois depuis plusieurs mois. Malheureusement, et même s’il reste encore deux jours pour faire changer les choses, il semble qu’on s’oriente vers un échec. Le Brésil a fourni d’importants efforts pour arriver à un accord coûte que coûte, mais beaucoup d’observateurs s’accordent pour critiquer son manque d’influence et de vision. L’Europe a par ailleurs vivement critiqué le texte proposé par le Brésil en soulignant un manque d’« ambition » et une « régression du multilatéralisme », certains pensent que ce nouveau texte n’apporte aucune avancée par rapport aux engagements pris ces dernières années. Enfin, le journal Le Monde nous informe que pour la presse internationale, "il n'y a pas grand chose à espérer". Bref, sur le fond la conférence Rio+20 n’est pas simple et il semble peu probable qu’elle ait un impact positif important pour le futur...

Et alors, comment cette conférence internationale est-elle perçue à Rio, allez-vous me demander. Et bien d’une manière générale je ne sens pas vraiment d’enthousiasme particulier pour cet évènement, alors même que Rio de Janeiro est, durant quelques jours, au centre des regards du monde entier. Mon séjour en France m’a éloigné quelques temps de Rio, mais depuis mon retour dimanche soir le sujet est peu évoqué. J’ai essayé à plusieurs reprises d’en parler autours de moi, de savoir s’ils comptaient participer, etc. Mais les réponses sont presque toutes les même « bien sur que je participe, je passe des heures et des heures dans les transports pour faire quelques petits kilomètres, mes horaires de travail ont été changés et je commence à 7 heures du matin et je dois trouver une solution pour faire garder mes enfants (les écoles ont fermées pour réduire les embouteillages) ! Plus sérieusement il y a surement des choses très intéressantes mais je n’ai pas le temps ni le courage d’y aller, et cette conférence me complexifie la vie car la ville est paralysée. Et puis je ne pense pas que ça change grand-chose... ». Il faut préciser que j’habite et travaille à quelques kilomètres du principal centre des conférences, donc de nombreuses routes sont interdites, certains collègues ont mit plus 1H30 pour faire 5 ou 7 kilomètres. Du coup, ces aspects pratiques ont tendances à occulter l’intérêt et l’importance du sommet Rio+20 pour une partie des Cariocas. J’ai tout de même quelques copains qui en profitent pour participer à des expositions ou échanges. J’ai d’ailleurs, dès le mois de mai, visité l’exposition La Terre vue du Ciel de Yann Arthus Bertrand qui est exposée sur une place dans le centre de Rio et c’est très sympa…même si, comme me disait la copine avec qui j’ai vu les photos « on va terminer l’exposition déprimé » tant certains commentaires sont alarmants et pessimismes pour le futur...

Et vous, que pensez-vous de Rio+20 ? Pensez-vous que cette conférence va changer quelque chose ? Qu’attendez-vous de ce sommet ? Y participez-vous ou auriez-vous aimé vous y rendre ?

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Direction la France, pour la première fois depuis près de 18 mois PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Mercredi, 06 Juin 2012 02:24

Cela fait maintenant près de 18 mois que je ne suis pas sorti du Brésil, près de 18 mois que je n’ai pas passé la moindre frontière. Un record, ça doit faire 8 ou 10 ans que je reste aussi longtemps dans un pays sans même passer une frontière... Ce mercredi soir je vais, pour la première fois depuis Noël 2010, prendre la direction de l’Europe. Lisbonne dans un premier temps, l’occasion de découvrir le portugais du Portugal, puis Paris, l’occasion de retrouver la langue française.

Mon séjour va être relativement court, je vais passer seulement 9 jours complets en France. Je n’aurai même pas le temps de me balader en autostop à travers notre (joli) France comme j’ai l’habitude de le faire. Tout se perd, je vous le dis ! Mon séjour français sera partagé entre Nantes (plus un tour en Bretagne, car Nantes n’est pas en Bretagne !) et Paris.

Je dois avouer que ça me fait un peu bizarre de me dire que je vais rentrer quelques jours en France. Ca fait tellement longtemps que j’ai (presque) oublié à quoi ça ressemble ! Retrouver les rues de Paris puis de Nantes, des gens différents, ma langue maternelle, des odeurs connus, du bon pain, le TGV... Et, bien évidemment et principalement, retrouver la famille et les amis. En un an et demi on change tous, certains sont maintenant mariés, d’autres (ou les mêmes !) ont des enfants, d’autres encore ont voyagés, sont partis vivre ou sont revenus de l’étranger, ou alors ont commencés à travailler ou encore changés de boulot. Bref, tous ont vécus pleins de choses.

Les retrouvailles sont toujours très sympas, et toutes différentes les unes des autres. On a parfois l’impression de ne pas s’être quitter plus de 3 jours, et d’autres fois on prend mesure des semestres ou années d’éloignement...

Je suis en tout cas bien content de rentrer quelques jours pour revoir la famille, les amis et mon pays. Ca va également être l’occasion de faire le plein de la « bonne bouffe française », car je dois avouer que ça me manque beaucoup...

J’ai un planning très serré mais si vous souhaitez prendre un verre ou partager un morceau de fromage, je suis joignable au 06 08 16 16 08.

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Moi aussi, du Brésil, j’élis nos députés français...des français de l’étranger PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Dimanche, 27 Mai 2012 14:53

Peut-être vous en souvenez vous, il y a un peu plus de deux ans je publiais un article concernant « l’utilité et le sens » de mon vote pour les élections régionales françaises. Quel est le sens et l’utilité d’un vote pour une élection régional alors qu’on habite à près de 9 000 Km de la région concernée ? J’avais finalement effectué mon devoir civique, par procuration, car je tiens malgré tout à l’avenir de ma région d’origine.

Cette année 2012 est riche en élections en France. L’élection présidentielle il y a quelques semaines et les législatives dans les prochains jours. Alors me suis-je posé autant de questions qu’il y a deux ans pour l’élection présidentielle ? Non, cela a été beaucoup plus simple, notamment car je me sens, en tant que français, beaucoup plus concerné par le président de la république que par un élu local, même si je ne vis pas en France. Et puis les décisions du président Français auront plus de répercutions sur ma vie que celles d’un élu régional des Pays de la Loire... A propos de cette élection présidentielle, il est intéressant de voir que les résultats des votent des « français de l’étrangers » sont assez différents des résultats des votent des « français de France » : au premier tour, Nicolas Sarkozy a obtenu 38% des voix (contre 27% sur l’ensemble de la France), François Hollande 28% (identique), François Bayrou arrive troisième avec 11% (contre 9%), suivi de Jean-Luc Mélenchon avec 8% (contre 11%) puis Marine Le Pen avec 5% (contre 17%). Au second tour, Nicolas Sarkozy est arrivé en tête avec 53% des suffrages, contre 48% sur l’ensemble de la France et François Hollande a obtenu 47% contre plus de 51% sur l’ensemble des votants. Il faut néanmoins préciser que la participation des français de l’étranger est faible, seulement 39% au premier tour et 42% au second tour ; il y avait un petit peu plus d’un million d’inscrits sur ces listes électorales.

Alors, quid des élections législatives ? Historiquement, ces élections « locales » (dans le sens ou chaque zone géographique a des candidats différents) permettent de désigner les représentants du peuple sur un plan national, à l’Assemblée Nationale. En 2007, date des dernières élections législatives, j’avais voté par procuration depuis l’Australie pour l’un des candidats de la circonscription de Nantes à laquelle j’étais rattaché. Mais pour la première fois, en 2012, nous avons, nous les « français de l’étranger » la possibilité d’élire nos propres députés. Les deux à trois millions de français qui vivent hors de France seront dorénavant représentés par 11 députés ; en tant que français de l’étranger j’approuve bien évidemment cette nouveauté. Cette fois-ci, j’ai pu voter pour un député qui se préoccupe vraiment de mes « problèmes » et préoccupations quotidiennes. J’ai pu voter pour un député qui sait ce que signifie que vivre à l’étranger et qui connait les difficultés particulières que cela entraine, que ça soit par rapport aux démarches administratives, à la fiscalité, à l’éducation, au social, à l’emploi, etc. Ma seule réserve concerne la manière dont ils vont exercer leur travail de député en habitant à plusieurs milliers de kilomètres de l’Assemblée Nationale ; même si je sais que les députés ne sont pas toujours présents physiquement à l’Assemblée, ça va être encore plus compliqué pour eux...

Image © diplomatie.gouv.fr

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De manière à permettre au maximum de français de l’étranger de voter pour leurs députés, nous avons pour la première fois la possibilité de voter par internet. En effet, si le taux de participation à l’élection présidentielle est si faible c’est, notamment, car pour certaines personnes il faut faire plusieurs heures de voyages pour aller au bureau de vote le plus proche ; pas toujours évident ! Pour les élections législatives, en plus des possibilités habituelles de vote (à l’urne, par procuration et par correspondance, ce dernier moyen n’étant pas disponible pour l’élection présidentielle), nous pouvons donc voter de chez nous, par internet, grâce à des codes reçus par courrier postal, mail et/ou SMS. Personnellement j’ai voté ce samedi (la période est légèrement décalée) sans aucun souci ; il semblerait néanmoins qu’il y ait quelques difficultés pour voter de certains ordinateurs. En tout cas, j’ai trouvé ce système bien pratique et plus simple que devoir se déplacer jusqu’au Consulat Français, et plus sécurisé que le vote par correspondance (est-ce vraiment le cas ?). La principale difficulté reste néanmoins de connaitre les différents candidats. Si certains nous ont envoyés des mails (parfois trop !) pour se présenter et faire campagne, d’autres n’ont même pas de brochure / programme en ligne sur internet, difficile de donner sa voix dans ces conditions ! MAJ 29/05 : j’ai finalement reçu par la poste, le dernier jour d’ouverture du vote par internet, le courrier officiel avec les programmes des candidats et les bulletins de vote, notamment pour voter par correspondance. Hô surprise, sur les douze candidats officiels, il y a le programme de seulement neuf d’entre eux…et le bulletin de vote de seulement huit candidats !!! Si j’avais voulu voter par correspondance, je n’aurai pas forcément pu le faire pour le candidat de mon choix faute d’un bulletin à son nom ; vraiment étonnant (et même illégal, non ?!).

Ces députés des français de l’étranger nous permettent, à nous français vivant aux quatre coins du monde, de nous sentir totalement français et de participer activement à la vie démocratique de notre pays. Une partie non négligeable d’entre nous travaille pour des entreprises françaises et souhaite garder un lien proche avec la France, la création de ces onze circonscriptions hors de France me parait donc une très bonne chose.

Et vous, trouvez-vous normal que les français de l’étranger aient leurs propres députés ou, au contraire, vous pensez que puisqu’ils sont partis de France, il n’y a pas de raisons qu’ils aient leurs propres députés ? Aux « français de l’étranger », avez-vous ou allez-vous voter pour les législatives car nous avons maintenant nos propres députés ou, pour vous, cela ne change rien ? Souhaitez-vous que le vote par internet soit généralisé ?

PS : merci de ne pas dériver le sujet de ce poste en débat politique (qui n’a pas sa place ici), l’article traite des possibilités, pour les français hors de France, de réaliser leur devoir civique et, maintenant, d’élire leurs propres députés. Merci donc de ne pas nous parler de politique en tant que tel ;-)

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