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Écrit par Stéphane
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Jeudi, 12 Janvier 2012 21:51 |
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J'ai d'excellents souvenirs de mes quelques mois de voyage en Chine, ça a vraiment été une superbe expérience, très enrichissante tant sur le plan humain que culturel. Durant ces quelques mois de vadrouille dans l'Empire du Milieu, j'ai toujours réussi à m'en sortir pour me déplacer, visiter, manger et dormir, soit à l'aide d'un guide de conversation soit avec l'universel langage des signes (et, dans les grandes villes touristiques, avec l'anglais). Malgré tout, j'ai trouvé vraiment frustrant de ne pas pouvoir échanger directement avec l'ensemble des locaux, dans leur propre langue. On peut bien sur discuter en anglais, parfois. Mais cela est possible avec une infime partie des Chinois (sauf dans les grandes villes), et surtout cela n’est possible qu’avec une certaine classe sociale, qu’avec des gens qui ont pu étudier. Et lorsque les échanges avec les locaux ne sont pas possibles dans leur langue maternelle, c'est l'un des plus importants et intéressants aspects du voyage qui disparait. C'est notamment pour cela que j'avais souhaité, après la Chine, me rendre dans un pays dans laquelle la langue est plus abordable, de manière à ce que je puisse l’apprendre.
Durant quelques semaines, j’ai voyagé dans le Nordeste, sac sur le dos, comme j'aime tant le faire. Cela me manquait, que ça fait du bien de reprendre un peu la route ! Et cette fois ci, contrairement à mes pérégrinations en Chine, je parle la langue locale. Alors bien sûr je fais encore des fautes, (bien sur ?) mon accent est assez (même très) prononcé, mais je me fais comprendre et je comprends mes interlocuteurs lusophones. Quel bonheur de pourvoir échanger avec tout le monde grâce à une langue commune ! Quel bonheur de pouvoir faire de vraies phrases pour demander quelque chose. Quel bonheur de pouvoir discuter avec tout le monde, dans le bus, au marché, sur la plage, dans les montagnes ou dans la rue. Quel bonheur de pouvoir, pendant 30 ou 45 minutes, discuter avec un « vendeur de boissons » (« barman » ?) sur le marché local (le vrai, là où les locaux font leurs courses, pas celui où les touristes se rendent pour acheter des souvenirs).

Un vendeur de la Feira São Joaquim à Salvador (Bahia)
Voyager en parlant la langue du pays transforme complètement le voyage. Ca transforme les échanges que l’on peut avoir avec les locaux, mais également la relation avec eux. Dès qu’on parle la langue locale, les gens sont davantage avenants, leur regard sur nous change. A tord ou à raison, les français seraient particulièrement sensibles à cela, à en croire de nombreux étrangers qui voyagent en France.
Parler la langue du pays, c’est aussi mieux connaitre et comprendre le pays. Ca permet d’échanger vraiment, sur le fond, avec des personnes de tous les niveaux sociaux. Parler portugais m’a permis de découvrir et de mieux comprendre la vie du « vendeur de boissons » de la photo ci-dessus. Sa vie, ses bonheurs, ses tristesses, ses réussites, ses difficultés à recevoir la retraite à laquelle il a le droit, sa bataille avec l’Etat pour toucher cette même retraite alors même que la justice lui a donné 2 fois raison, etc. Voyager et découvrir un pays, c’est avant tout faire des rencontres et découvrir un peuple. Et le faire en pouvant échanger avec tout le monde est génial !
Alors bien sûr il est agréable de voyager dans des pays dont on ne parle pas la langue, cela permet d’être « dépaysé » dit-on. Je voyagerai encore dans ce type de pays, mais cette possibilité et simplicité des échanges me manqueront surement.
Até logo,
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Écrit par Stéphane
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Dimanche, 01 Janvier 2012 11:57 |
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Samedi 31 décembre 2011, 4H20. Le réveil sonne. Malgré l'heure matinale je saute du lit, pas de temps à perdre. Une douche rapide, je fini mon sac puis prends la direction du port de l'Ilha de Boipeba, sur la côte Bahianaise (Nordeste). La mission du jour est simple : rejoindre Itacaré, proche à vol d'oiseau mais éloigné en transport local, d'ici la fin de la journée. Sachant que je n'ai pas pu acheter de billet de bus...
Quelques heures de bateau plus tard me voila à Valença. Le guichetier m'informe qu'il n'y a plus de place dans le bus direct pour Itacaré, j'achète donc un billet avec changement. Je passe finalement tout le voyage dans le même bus sans en sortir, je ne cherche pas à comprendre comment...même au bout de 2 ans certains aspects me surprennent toujours au Brésil.
J'arrive à Itacaré en début d'après midi, le timing est parfait. Mais le Brésil devient "fou" pour le réveillon, toutes les côtes du pays sont prises d’assauts par les touristes (principalement Brésiliens). Du coup les prix s'envolent (jusqu'à 3 ou 4 fois plus cher) et tout est réservé depuis des semaines. Alors forcément, quand on décide comme moi de ne pas planifier son voyage, ça complique les choses. Mais je pense qu'on trouve toujours une solution, il suffit d'être patient, "démerdard" et peu compliqué. Quelques dizaines de minutes plus tard et après avoir frappé à la porte de quelques pousadas et auberges de jeunesse, je dégotte l'autorisation de dormir dans le "jardin" d'une auberge / camping, le tout pour un prix totalement dérisoire. Les deux nuits les plus chers de l'année au Brésil seront mes deux nuits les moins chers de mon mois de voyage. Comme quoi, voyager au Brésil pour le réveillon sans planifier fonctionne, contrairement à ce que m'ont dit une immense majorité des Brésiliens. L'année 2011 se termine bien.
Plus tard je retrouve des copains de Belo Horizonte avec qui je passe le passage en 2012. La soirée se déroule (évidemment) à la plage, comme en 2009 lors de mon réveillon à Copacabana, les pieds dans l'eau de mer. Je suis avec des gens cool, la soirée est sympa, la musique est bonne -samba rock et reggae- et, comme le veut la tradition, nous sommes tous habillé en blanc. L'année 2012 commence bien, même si la fatigue est présente...
Je vous souhaite à tous, lecteurs occasionnels ou réguliers, une très bonne année 2012. Que celle-ci vous apport le bonheur, les rencontres et voyages que vous souhaitez. Et d'après un vieux gourou Brésiliens rencontré il y a quelques jours, pour être heureux en 2012 il faut lire régulièrement TravelSteph.com. Alors mettez toutes les chances de votre côté !
Até logo,
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Écrit par Stéphane
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Vendredi, 16 Décembre 2011 09:28 |
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En vacances ! Après près d'un an sans congés je suis, depuis vendredi soir dernier, en vacances. La dernière semaine à Rio a été particulièrement chargée, avec pas mal de boulot, un peu de sport, quelques sorties mais aussi un déménagement express à effectuer - j'ai appris mercredi soir que je devais quitter la chambre que je louais avant de prendre mon avion samedi après midi. Si tout se passe bien je devrais retourner dans cette maison, toujours en collocation, courant janvier. Bref, à suivre...
Maintenant, après 11 mois de contrat de travail local Brésilien et avec un mois d'anticipation, je suis donc en vacances. Et autant dire que je vais tout faire pour en profiter, car au Brésil nous avons seulement 4 semaines par an (30 jours calendaires), à prendre en 1 ou 2 fois (soit 30 jours, soit 10 + 20 jours).
Pour ces vacances de Noël je n'ai pas prévu de rentrer en France, j'ai décidé de voyager et découvrir davantage ce grand pays qu'est le Brésil. Après quelques jours à Salvador, je suis maintenant dans la Chapada de Diamantina, de jolies montagnes dans les terres.
Je pars dans quelques minutes faire un treck de 4 jours, loin d'internet. Evidemment vous aurez droit à des articles et photos prochainement !
Até logo,
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Écrit par Stéphane
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Mardi, 29 Novembre 2011 23:39 |
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La Pedra da Gavea est l’une des montagnes qui fait le charme de Rio de Janeiro. Situé en bord de mer, le plus grand monolithe du monde sur un littoral participe au festival de couleurs qui fait (notamment) la beauté de la Cidade Maravilhosa. Positionnée dans le Parque da Tijuca, entre les quartiers de São Conrado et de Barra da Tijuca, la Pedra da Gavea permet aussi d’accéder à l’une des plus jolies vues que propose la ville.

Vue sur Barra da Tijuca depuis la Pedra da Gavea à Rio de Janeiro
Il m’aura pourtant fallu près de 2 ans avant de faire la randonné pour atteindre le sommet de cette montagne, à 842 mètres au dessus du niveau de la mer. La randonnée est relativement tranquille mais il existe un passage un peu plus difficile sur une quinzaine de mètres et cela refroidi plus d’un Carioca. Certains s’encordent mais cela n’est pas obligatoire ; il faut néanmoins rester vigilant.

Petit passage « d’escalade » pour atteindre le sommet da Pedra da Gavea, à 842 mètres d’altitude
Bref, j’ai profité d’un dimanche ensoleillé mi septembre et d’un groupe de CouchSurfing pour enfin prendre un peu de hauteur et avoir un nouveau point de vue sur la ville. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça vaut vraiment le coup !

La magnifique ville de Rio de Janeiro avec ses montagnes, sa mer, son lac et sa baie
La vue depuis le sommet du Pedra da Gavea permet une nouvelle fois de voir d’importants contrastes. Sur la photo ci-dessus, on aperçoit au premier plan le golf de São Conrado puis quelques belles maisons. Plus loin, à flan de colline, on retrouve la favela de Rocinha, la plus grande du Brésil (environ 120 000 habitants) avant d’arriver, au fond, à la « Zona Sul » avec notamment les chics et riches quartiers d’Ipanema, Leblon et Gavea.

Les « dois irmões » (deux frères), la plage d’Ipanema et Niteroi (au fond)
J’ai créé un album photos avec d’autres clichés de cette randonnée au Pedra da Gavea, n’hésitez pas à y jeter un œil.
Até logo,
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Écrit par Stéphane
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Jeudi, 17 Novembre 2011 23:09 |
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Rio de Janeiro est probablement l’une des plus belles villes du monde, la vue depuis le Pain de Sucre, notamment, est splendide et on ne se lasse pas de ces images. Malheureusement cette jolie nature n’est pas aux cœurs des attentions des locaux. C’est un peu fort et violent mais certains disent que « les Cariocas ne méritent pas une si belle ville » tant ils la maltraitent.
Il y a quelques semaines lors d’une balade au Pedra da Gavea j’ai découvert, au milieu d’horizons tous plus jolis les uns que les autres, cette terrible image montrant le début de la plage de Barra da Tijuca :

Les égouts qui se déversent dans la mer à Barra da Tijuca, Rio de Janeiro
Alors, simple boue sortant du canal ou réelle pollution ? D’après un article de la Globo, cité par Anthony Dumas, il s’agit tout bonnement...des égouts ! La « Zona Oeste » dans laquelle se trouve Barra da Tijuca est pourtant relativement récente, le quartier de Barra à quelques décennies seulement. Mais le développement rapide et souvent incontrôlé des constructions ainsi que la pollution des lacs de Jacarepagua, Tijuca et Marapendi provoquent cette vilaine tâche dans la mer...
Il y a pourtant un point positif au Brésil concernant l’environnement au sens large : le recyclage des canettes vides. Même si la motivation est exclusivement économique, le Brésil est le pays dans lequel le taux de recyclage des canettes est le plus élevé (environ 90 à 95% suivant les sources). En effet, et je l’ai déjà évoqué l’année dernière, les catadores de lata récoltent les canettes usagées pour revendre ensuite l’aluminium (matériaux de la plupart des canettes). Outre l’aspect écologique, cela permet également de nettoyer les rues, notamment pendant le carnaval. Mais ce travail est difficile et dégradant, obligeant ceux qui l’exercent à notamment fouiller dans les poubelles.

Un ramasseur de canette pendant le carnaval, au milieu des foliões – Rio de Janeiro
Ces hommes, femmes et parfois enfants doivent ramasser 63 canettes vides pour constituer un kilo d’aluminium. Ce même kilo sera revendu entre 2,25 et 2,50 Réaux (1 à 1,10€/kg) m’ont indiqués plusieurs catadores de lata avec qui j’ai échangé lors des blocos du carnaval ou sur les plages. Alors combien de kilos arrivent-ils à ramasser en une journée ? Je n’ai malheureusement pas réussi à obtenir de réponses concordantes, les chiffres varient énormément entre chaque ramasseur. Manifestement, lors des meilleurs moments du carnaval, certains peuvent ramasser 80 à 100 kilos dans la journée, à condition d’être bien organisé –notamment d’avoir des « relais » pour conserver les sacs pleins. 80 à 100 Kg ramassés dans l’effort et la sueur. Et lors d’une journée normale, seulement quelques kilos peuvent être ramassés, soit quelques euros seulement. On estime à environ 130 000 Brésiliens vivant directement des revenus obtenus par la collecte des canettes vides.
Même si d’un point de vue environnemental c’est une bonne chose, on voit bien que seul l’aspect économique dicte ce ramassage des canettes. La fibre écologique n’est donc pas mise en avant par cet exemple...

Des sacs pleins de canettes vides pour être revendues ensuite – Carnaval Rio de Janeiro
Alors bien sur nous pouvons regretter cette situation générale concernant l’écologie au Brésil, mais peut-on en vouloir aux Brésiliens ? Même s’il avance rapidement, n’oublions pas que le Brésil est un pays en développement. D’après la CIA, le PIB par habitant au Brésil est de 10 800 US$/an, soit plus de 3 fois moins qu’en France (33 100 US$/habitant/an). L’actuel PIB/habitant au Brésil correspond (manifestement) à la situation en France en 1983 ou 1984. Et comment était notre conscience écologique à cette époque la ? Je n’étais pas encore de ce monde, mais je pense pouvoir répondre sans trop de risque qu’elle était « nulle ». Alors bien sur depuis une prise de conscience générale et « mondiale » (au moins occidentale) a eu lieu, mais de part le niveau d’éducation moyen au Brésil et les préoccupations des habitants, l’environnement n’est pas au cœur des préoccupations. Etre un pays en développement exonère-t-il ses habitants à participer à l’effort écologique nécessaire aujourd’hui ?
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