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Ca fonctionne donc c’est parfait
Écrit par Stéphane   
16-05-2008

Extrait de mon mémoire, tous droits réservés.

« Outre des schémas mentaux « opposés », les chinois et les occidentaux ont des visions des choses souvent bien différentes. D’une manière générale, pour les chinois, lorsque cela fonctionne ça suffit. A l’inverse, les occidentaux veulent que ça fonctionne et que cela soit joli, pratique, etc. Je me souviens de la première fois ou je suis allé faire des courses avec un chinois où, au moment de choisir des assiettes, il m’a dit « ne cherche pas une « belle décoration », cela n’existe pas, car ici on s’en fiche. On veut juste des assiettes pratiques ».

Cela entraîne des incompréhensions dans la vie quotidienne, notamment dans un cadre professionnel. Un occidental me racontait un jour qu’il se trouvait avec un chinois pour vérifier une vis qui, d’après lui, ne convenait pas. Le chinois a alors pris un tournevis et vérifié que celle-ci était correctement serrée, après quoi il a déclaré « cette vis n’a pas de problème » alors que pour l’occidental cette vis avait un problème car certes elle était serrée mais elle était également rouillée… Cet élément –la rouille- était totalement accessoire aux yeux du chinois. La vis était correctement serrée donc elle convenait, voila ce que pensait le chinois. Autant pour l’occidental il était inconcevable d’envoyer le produit au client avec une vis rouillée autant cela ne posait pas le moindre problème au chinois. Pour eux, la beauté d’un élément importe peu, de même que son coté pratique. « Pourquoi faire un effort pour améliorer la maniabilité d’un produit alors que l’utilisateur ne sera pas l’acheteur et que cet utilisateur n’a pas son mot à dire ? ».

Toujours à partir de cet exemple, je peux définir un schéma suivant le principe de la pyramide des besoins de Maslow.


Pyramide des besoins de Maslow

Dans le cas présent, le besoin de sûreté peut être associé au fait que la vis soit serrée –ce qui suffit-, le niveau suivant est que la vis soit serrée au couple puis, que la vis soit serrée au couple et belle et enfin que la vis soit serrée au couple, belle et protégée.

Un autre exemple peut être la différence de point de vue par rapport aux rangements et à la propreté. Un occidental souhaite quelque chose de correctement rangé, pour un chinois ce n’est pas grave s’il y a du désordre tant qu’il retrouve ce dont il a besoin quand ce besoin se fait ressentir. De même, les chinois ne veulent pas jeter, même si cela ne servira jamais et même si les produits concernés sont inutilisables (défauts, etc.). Pour eux, jeter serait illogique, ce serait du gaspillage.

On le voit, les différences de points de vue sont importantes. Cela est du au fait que les « filtres » individuels font que les choses sont perçus différemment suivant les humains. Voici les trois filtres qui influencent nos perceptions :

·         Le filtre neurologique. Créé génétiquement, il est différent à chaque espèce ; il résulte des structures propres à notre cerveau.

·         Le filtre socio-culturel. Propre à tous les membres d'un groupe culturel, il englobe les mythes, valeurs et langage de chaque communauté. Cela entraîne donc une vision différente du monde suivant nos origines.

·         Le filtre individuel. Unique, ce filtre évolue au fil du temps suivant l’éducation reçue, l’influence des parents et l’ensemble des expériences personnelles vécus.

De tout cela, en découle des visions différentes de choses similaires.

L’influence des filtres sur les perceptions des humains ; Source : vetopsy.fr

Pour travailler avec les chinois, il faut tout d’abord se comprendre, parler le même langage. Cela est important car il sera très difficile de creuser des racines sans être sur la même longueur d’onde, sans parler de la même chose. Ensuite, une fois cela acquis, il sera possible de faire muter les chinois pour qu’ils comprennent ce que nous attendons d’eux, ce que les clients occidentaux attendent des produits. »

See ya,

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Tout va bien, merci !
Écrit par Stéphane   
13-05-2008

Je dois l’avouer, après plus de 4 mois ici ce n’est pas évident de trouver un nouveau sujet d’article tous les 3 jours. Je pourrai continuer à poster des extraits de mon mémoire de fin d’étude mais devant le peu de retour je doute que cela vous plaise ! Je pourrai également vous commenter le monde vu d’ici, mais c’est un exercice périlleux sur lequel je ne vais pas m’engager maintenant. Alors dans cet article je vais simplement vous parler de mon humeur actuelle et vous dire comment je vais.

Bon, déjà, il parait que c’est important de rassurer ses proches donc je vais le faire ici et à destination de tous les lecteurs de TravelSteph.com : je vais bien, je suis toujours en vie et je n’ai pas été touché par le séisme qui a frappé la Chine ce lundi 12 mai 2008. Je ne souhaite pas évoquer d’avantage cet évènement pour le moment mais j’y reviendrai très probablement dans les prochains jours ou la semaine prochaine.

Donc, en faisant abstraction de ce tremblement de terre, je vais bien et la vie est belle J Je me suis vraiment habitué à la vie chinoise et les (nombreuses) différences culturelles de la vie quotidienne ne me dérangent pas du tout ; au contraire, elles m’amusent. La seule chose qui me manque –et ça depuis que je « vie à l’étranger »- c’est la « bouffe française » ; on ne se refait pas ! Heureusement je réussi à manger occidental de temps en temps donc tout va bien !

Même si, malheureusement, mes progrès en chinois sont proches de zéro, la communication est beaucoup plus facile depuis que j’ai déménagé de ma « toute petite ville chinoise de 500 000 habitants » (Linping) pour aller m’installer à Hangzhou (3,5 millions d’habitants pour le centre ville). Contrairement à Linping, les jeunes chinois de Hangzhou parlent à peu près anglais donc j’utilise moins le langage des signes, ce qui est tout de même appréciable. Ce déménagement est également très intéressant car cela me permet de découvrir une autre ville chinoise et bien qu’éloignées de seulement 30 Km, Linping et Hangzhou sont extrêmement différentes. Cela s’explique notamment par l’origine des populations les composants : Hangzhou est une ville dans lequel les gens habitent depuis longtemps alors que Linping est une ville en plein développement composée de chinois venant des campagnes, avec une éducation plus limitée. La différence d’attitude est incroyable et c’est passionnant de voir de tels écarts à seulement quelques kilomètres.

Le seul point noir actuellement –mais qui, je l’espère, devrait bientôt disparaître- est mon mémoire final que je dois avancer et terminer. Vivement que ce soit fini pour que je puisse profiter pleinement des dernières semaines sans contraintes !

See ya,

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La monnaie chinoise...et les liasses de billets
Écrit par Stéphane   
10-05-2008

Les billets et pièces des pays étant réalisés suivant le coût de la vie, c’est assez logiquement que le plus gros billet chinois soit de…100 RMB (ou 100 Y pour yuans), soit environ 9 euros. Cela était probablement adapté il y a quelques années mais l’inflation est assez importante en Chine (8% au premier trimestre 2008 dont 21% pour les denrées alimentaires) donc cela devient un petit peu juste. Les prix des loyers ont par exemple beaucoup augmenté pour atteindre régulièrement les même prix qu’en France (en province). Du coup, on se retrouve rapidement avec des liasses de billets pour payer son loyer ; les chèques n’existant par en Chine.

Quelques billets de 100 RMB pour payer 2 mois de loyer plus la caution

La monnaie chinoise est donc le yuan renminbi qui signifie « monnaie du peuple » en chinois. Aujourd’hui un RMB vaut 0,09 euro soit 10,83 RMB avec un euro.

Pour beaucoup, le yuan renminbi est sous évalué, cela s’explique par son indexions sur le dollar US qui, lui, perd de la valeur depuis de nombreux mois (par rapport à l’euro). Cela en fait une préoccupation majeure des Européens pour qui le déficit commercial ne cesse de se creuser.

En euro, un seul billet serait suffisant pour avoir l’équivalent

Les billets de 100 RMB sont généralement les seuls disponibles dans les distributeurs automatiques (seuls quelques ATM délivrent des billets de 50 RMB). Ces plus grosses coupures chinoises sont souvent la plait car il n’est pas toujours évident de les redonner ; notamment lorsque comme moi on dîne pour 6 RMB ! Il faut dire que les chinois se méfient des billets de 100 RMB car il y a beaucoup de faux…et parfois même dans les distributeurs de la Bank of China (LA banque officielle). La gamme de billets est complétée par des coupures de 50, 20, 10, 5, 2 et 1 RMB…soit 9 centimes d’euro pour ce dernier. Du côté des pièces on en trouve de 1 yuan, de 1 et 5 jiao (soit 0,1 et 0,5 Y) et de 5 fen…soit 0,05Y ou encore 0,004 euro ! Ceci étant, je n’ai encore jamais vu ce dernier modèle de pièces. Mais le plus impressionnant avec la monnaie chinoise –surtout les billets- est son état et sa propreté. Il est courant de trouver des billets déchirés, gribouillés, ultra usagés et vraiment sales. A chaque fois qu’on touche un billet il faut aller se laver les mains, on ne sait pas trop ce que les gens font avec...

Avec les billets de 100 Y nous sommes, en Chine, bien loin du nouveau billet mit en circulation mardi dernier par la banque centrale du Zimbabwe. Cette nouvelle coupure est de...250 millions de dollars Zimbabwéens, cela s’explique par une inflation de 165 000% en février. Situation dramatique pour un pays dont le taux de chômage est d’environ 70% et dans lequel au moins 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

See ya,

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Un joyeux bordel
Écrit par Stéphane   
06-05-2008

Depuis mon déménagement j’ai au minimum deux heures de transport quotidien pour travailler. Alors bien sur c’est long, c’est « une perte de temps » pourrait-on même dire. Mais personnellement j’aime vraiment cet environnement si différent, le joyeux bordel qui règne sur les routes chinoises. Ho, bien sur, ce n’est pas quelque chose de nouveau, j’ai des souvenirs du même ordre de Marrakech et surtout de Bangkok, ou les choses sont puissances dix. Reste que le spectacle qu’on vit lorsqu’on roule en Chine vaut le détour. Ici, la rue est un peu la jungle et les règles sont celles du plus fort. On croise quotidiennement :

- Des véhicules dans tous les sens (dans le bon sens, à contre-sens, en travers, arrêté, en marche arrière, etc.),

- Des klaxons forts toutes les 15 secondes,

- Des chariotes qui parfois roulent au « bon endroit » mais décident de temps à autre de se mettre au milieu de la 3 fois 2 voies ou encore de tenter le slalom entre les voitures arrivant dans l’autre sens,

- Des « trucs » poussés à la main,

- Des balayeurs par dizaines,

- Des chargements démentiels pour lesquelles on se demande toujours « comment font-ils pour faire tenir tout ça ? »,

- Des vendeurs ambulants sur le bord des routes qui vendent des fruits ou des légumes,

- Des enfants qui se baladent ou des vieillards qui regardent les voitures passer,

- Des centaines de vélos roulant à faible allure,

- Des deux roues sur lesquels on retrouve facilement 3 personnes dont souvent des enfants « là ou ils peuvent »,

-...

Et moi au milieu de tout cela, regardant avec un sourire certain ce joyeux bordel que représentent ces routes chinoises. Ce joyeux bordel dont je me suis totalement habitué et que j’affectionne. Alors bien sur, il m’arrive de me dire « qu’est ce qu’ils conduisent mal », mais cela me fait sourire plus qu’autre chose. Il m’arrive également de penser que les routes françaises doivent être bien fades sans ce joli bordel... Voulez-vous qu’on vous envoie 3000 voitures, 1000 taxis, 800 camions, 5000 vélos, 10 000 piétons, 500 chariotes et 1300 balayeurs pour animer vos routes ?

Toutes ces différences de paysages me fascinent et malgré mon « côté logisticien » (on ne se refait pas !) j’aime ce bordel ambulant qui règne dans les villes asiatiques…et je me dis que ça serait intéressant d’aller voir ce qu’il en est en Amérique du Sud... Mais ce sera pour plus tard, j’ai encore pleins de projets en Asie pour les prochains mois...

See ya,

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Un pays qui bouge
Écrit par Stéphane   
02-05-2008

La Chine est un pays formidable, passionnant, dynamique et dans lequel les choses vont vites. Il suffit de voir le développement de certaines villes pour s’en rendre compte ; Shenzhen est par exemple passé du « village de pécheurs » a l’une des plus grosse et dynamique ville chinoise en seulement quelques années. On peut également évoquer Shanghai qui évolue a vu d’œil ; l’un des intervenant de mon école comparait cette ville avec « New York des années 1970 », ville ou l’on peut avoir l’impression d’être « au centre du monde » tellement il se passe de choses et que cela va vite. Il est passionnant d’évoluer dans ce contexte et de voir « le monde se transformer » autour de soit ; l’Empire du Milieu est unique de par sa taille et sa croissance au cours des 30 dernières années.

Non seulement les choses vont vite mais en plus ça se sent. On sent que les évolutions sont permanentes et ça peut s’avérer déroutant. Dimanche dernier en allant travailler j’ai découvert avec surprise que la rue principale de Linping avait totalement changé : des dizaines et dizaines de personnes ont travaillés durant 2 jours et les choses sont allés très vite. En France, les mêmes travaux auraient prit plus d’une semaine ! Il n’est pas rare non plus de découvrir un nouveau bâtiment la ou c’était vide il y a 3 mois ou, au contraire, un terrain vague à la place d’un bâtiment. C’est comme ça que j’ai trouvé un bureau de poste à 300 mètres de la ou une personne était persuadé de l’avoir vu, il avait juste déménagé.

Construction d’immeubles en Chine

Il y a quelque chose qui m’avait surpris dès mes premières minutes en Chine, alors que j’étais dans le bus en provenance de l’aéroport : les constructions d’immeubles par dizaines, au même endroit. Il y a de nombreux endroits ou ils construisent des buildings ou grandes maisons sur des allés et des allées. Il est courant de trouver 10, 12 ou 15 rangées de constructions similaires, clonées. Le même bâtiment peut-être reproduit 200, 400 ou 600 fois, j’en sais rien ! Cette reproduction à l’identique est-elle pour une simple raison pratique (et économique ?) ou est-ce en rapport avec le modèle communiste ? Je ne sais pas, toujours est-il que c’est impressionnant.

Je n’ai malheureusement pas de photo de ces constructions identiques par dizaines ou centaines, juste un exemple parmi des dizaines de l’échelle des travaux ici (clichés prit depuis la fenêtre de ma chambre).

La vue de ma fenêtre, à Hangzhou

Lorsqu’on regarde de plus près on s’aperçoit qu’il s’agit de gros immeubles, certains devant dépasser sans problèmes les 100 mètres de haut (30 étages).

Travaux en Chine, une autre échelle !

C’est souvent la même chose en entreprise. Une fois que la décision est prise, les choses vont vraiment vite. Je me souviens avec amusement d’un déménagement de mon bureau il y a quelques semaines. Suite à la validation de la réorganisation de certains bureaux, 8 à 10 personnes venant des autres services sont arrivés simultanément et ont commencé à déménager le bureau de mon collègue en déplacement ce jour là. Le temps de finir ma phrase ou mon calcul et son bureau était déjà dehors !

Mais attention, il y a des exceptions : certaines choses, notamment dans le cadre professionnel, peuvent durer des mois et des mois. La résistance aux changements est également présente en Chine...et les chinois sont les spécialistes pour « endormir » les dossiers...

PS : désolé pour la qualité plus que médiocre des photos, les immeubles sont à plusieurs kilomètres de chez moi et la visibilité est toujours très mauvaise, d’où ce voile permanent. A l’heure ou j’écris cet article, les immeubles sont à peine visible à cause de la brume...

See ya,

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