Buenos Aires, agréable ville entre Amérique du Sud et Europe PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Mardi, 05 Novembre 2013 19:08

Ce n’est pas évident d’écrire un article 6 mois après le voyage, mais « vaut mieux tard que jamais », donc je me lance...

Les Cariocas, et les Brésiliens en général, des classes moyennes et supérieures aiment beaucoup se rendre à Buenos Aires, « Bs As ». Même s’il existe une sorte de « rivalité » entre Argentins et Brésiliens, notamment en football, les Brésiliens apprécient beaucoup l’Argentine...et les Argentins sont très nombreux au Brésil, notamment à Ilha Grande ou Buzios, mais aussi dans le sud du pays. J’ai finalement mis plus de 3 ans à me rendre à Buenos Aires...et je ne regrette pas du tout d’y être allé.

Pour preuve que Buenos Aires tient une place spéciale pour certains Brésiliens, une amie m’avait envoyé près de 10 pages de recommandations et informations touristiques pour mon séjour à Bs As !

Principale ville d’Argentine –et seconde ville d’Amérique du Sud après São Paulo-, la capitale Argentine regroupe près de 13 millions de personnes avec l’agglomération. La ville est cependant bien étalée, je ne me suis en tout cas jamais senti étouffé. Mais il est étonnant de remarquer que près d’un Argentin sur trois habite dans le grand Buenos Aires.

Avant même d’ouvrir un guide de voyage, une brochure touristique ou lire les conseils d’amis, ce que j’aime lorsque j’arrive dans une nouvelle ville c’est prendre « la température » des lieux en me baladant au grès de mes envies, sans but précis. Je me laisse porter par le vent et lorsque j’arrive à une intersection, je prends n’importe quelle direction sans chercher à atteindre un lieu précis. De temps à autre je m’arrête, souvent dans un parc ou sur un simple banc, et observe la vie autour de moi. C’est tout bête, mais souvent très intéressant, il se passe tellement de choses dans la rue ! Me balader au grès de mes envies m’amène parfois dans des endroits connus et/ou touristiques, comme par exemple dans cette librairie El Ateneo Grand Splendid, dans le quartier de Recoleta.

El Ateneo Grand Splendid, ancien théâtre devenu un splendide café-librairie

El Ateneo Grand Splendid, ancien théâtre devenu un splendide café-librairie

Certains quartiers de Buenos Aires offrent des espaces verts agréables. Qu’il s’agisse de parcs ou d’une simple pelouse sur une place, on voit de nombreuses personnes s’y installer pour discuter entre amis, lire un bouquin, faire une sieste ou observer la vie autour. Les quartiers de Palermo, Las Cañitas et Belgrano offrent notamment de grandes étendues d’espaces verts, avec par exemple le Jardin Botanique.

Plaza de Mayo, avec la Casa Rosa au fond

Plaza de Mayo, avec la Casa Rosa au fond

La musique tient une place prépondérante en Amérique du Sud, et la « spécialité » de Buenos Aires est le tango. Je souhaitais découvrir cette danse dans un endroit typique, là où les Porteños (Portènes en français, les habitants de Buenos Aires) se rendent pour danser. Je me fais conseiller par des locaux et, n’ayant pas trouvé de compagnon de sortie, prends seul la direction du quartier Almagro. Vous savez, ces moments où vous êtes absolument sûr de ce que vous faites et, une fois sur place, vous vous demandez pendant quelques secondes ce qui vous a pris de vous rendre dans cet endroit ? Et bien c’est exactement ce qui s’est passé pour moi ce jour là... De stupides à priori m’avaient amenés à penser que je rejoignais un endroit chaleureux et accueillant. En arrivant devant l’adresse qu’on m’avait donnée, je me retrouvais pourtant devant un hall d’entrée plutôt inhospitalier. Hors de question de reculer maintenant, je paye le (faible) droit d’entrée et grimpe les escaliers. Je découvre une grande salle dans un état moyen, mais ce qui retient immédiatement mon attention est le rythme de la musique guidant les nombreux danseurs qui sont sur la piste. Lors de la première partie de soirée, des cours de tango sont proposés et l’ambiance est très sympa. Je vois très peu de débutants, ou alors ils se débrouillent vraiment très bien... En deuxième partie de soirée les danses sont libres et certains couples font de réelles démonstrations. C’est joli, en souplesse, harmonieux. Vu mon niveau de danse, je reste à l’écart de la piste, et je rencontre rapidement des gens autour des tables. Il y a quelques rares autres étrangers, mais la soirée est vraiment locale. Je savoure cette ambiance, la musique, les danses...

Plus tard dans la semaine, je me rends à un spectacle de tango « pour touriste ». Toute autre ambiance !

Spectacle de tango à Buenos Aires, en Argentine

Spectacle de tango à Buenos Aires, en Argentine

Ce samedi 06 avril, je retrouve Mariana, une Porteña rencontrée à Ilha Grande en janvier. Pouvoir visiter une ville avec l’un de ses habitants est toujours quelque chose d’intéressant, ça permet généralement de découvrir des lieux qui seraient restés inconnus dans d’autres circonstances. Après un tour dans le tout récent quartier Puerto Madero, nous nous sommes promenés dans San Telmo et le Centro.

« Puente de la Mujer » dans le nouveau quartier de Puerto Madero

« Puente de la Mujer » dans le nouveau quartier de Puerto Madero

La visite de San Telmo et du Centro est l’occasion de découvrir des endroits connus, mais aussi et surtout pleins de petites rues, boutiques, cafés, places et restaurants de quartiers où l’on sent la culture locale, où l’on voit les Porteños vivre leur quotidien. Le type de visite où vous ne voyez rien de « spécial », mais vous découvrez réellement la ville de l’intérieur, vous la découvrez vivre. Bref, le type de visite que j’affectionne particulièrement ! Je n’ai cependant que rarement des photos de ces endroits. Je les apprécie et m’y « imprègne » sans forcément avoir envie de les photographier. Ce n’est pas la première fois que je n’ai pas de photos d’un lieu que j’apprécie...et sûrement pas la dernière non plus.

La soirée est l’occasion de retrouver, en plus de Mariana, une autre Argentine rencontrée à Ilha Grande au mois de janvier, Carla. L’un de leurs amis, Facundo, nous rejoint. Je découvre alors le rythme Argentin : on se retrouve vers minuit chez Carla pour prendre un verre, avant de sortir à 1h00 ou 1h30 en direction des bars. Evidemment nous en testons quelques-uns avant d’aller danser un peu ; retour à l’auberge de jeunesse entre 5h00 et 6h00 du matin. C’est en tout cas une très bonne soirée avec des échanges très sympas...alors qu’on n’avait pas une seule langue commune à tous ! Certains parlaient espagnol et anglais, d’autre espagnol et portugais et moi anglais et portugais. Mais, et j’avoue que c’est la première fois que ça m’arrive, les trois Argentins ont, tout au long de la soirée, traduit l’intégralité des échanges pour que tout le monde puisse en permanence comprendre. J’avoue que c’est une attention de leur part que j’ai particulièrement appréciée, en général ce type de chose dure une heure ou deux avant d’être abandonné...

La Casa Rosa, siège du pouvoir exécutif Argentin, en journée

La Casa Rosa, siège du pouvoir exécutif Argentin, en journée

Le lendemain on prend la direction de l’endroit probablement le plus touristique de Buenos Aires : La Boca. Ce quartier situé près du port abrite de nombreuses personnes originaires d’Italie. Il s’agit d’un quartier pauvre mais prisé des touristes –les rues en sont pleines !– du fait des maisons colorées.

Les maisons colorées du quartier La Boca, à Buenos Aires

Les maisons colorées du quartier La Boca, à Buenos Aires

Les amateurs de football connaissent obligatoirement le Club Atlético Boca Juniors, situé comme son nom l’indique à La Boca et dont le stade –la Bombonera– est l’un des plus célèbres au monde. Il s’agit de l’un des plus grands clubs de foot au monde, tant par sa présence dans l’élite Argentine –qu’il n’a pas quittée depuis 1913– que par ses 18 succès internationaux. Le Club Atlético Boca Juniors est aussi le dernier club fréquenté par Maradona avant qu’il commence à jouer en Europe en 1982 ; c’est également le club dans lequel El pibe de Oro termine sa carrière. Son dernier match a d’ailleurs lieu contre le grand rival du Club Atlético Boca Juniors, il s’agit du Club Atlético River Plate, également créé à La Boca (en 1901) mais qui a ensuite déménagé dans le quartier résidentiel Núñez regroupant des Argentins de la classe moyenne. Toujours est-il qu’un derby entre ces deux équipes au Bombonera le jour de notre visite à La Boca nous empêche d’y traîner trop longtemps... Si le sujet vous intéresse, je vous conseille Looking for Buenos Aires, un intéressant reportage sur la rivalité entre La Boca et Plate River. Le documentaire est intéressant car il ne traite pas seulement du football, il montre surtout la place de ce sport en Argentine, notamment au cours de l’histoire du pays.

Et oui, moi aussi il m’arrive de poser comme un touriste, ici à La Boca

Et oui, moi aussi il m’arrive de poser comme un touriste, ici à La Boca

Le fait d’avoir du temps pour visiter la capitale Argentine me permet de continuer à déambuler au grès de mes envies. Après quelques difficultés à cause des horaires restreints, je visite la Casa Rosa (Maison Rose, en français), le siège du pouvoir exécutif argentin, c'est-à-dire le Président de la République (actuellement la Présidente Cristina Kirchner). C’est étonnant et rare de visiter ces lieux là, en général il faut attendre les journées du patrimoine ! C’est en sortant en fin de journée que le nom Casa Rosa prend tout son sens, plus qu’en journée o c’est plutôt « Casa Salmón » !

La Casa Rosa, siège du pouvoir exécutif argentin, à Buenos Aires

La Casa Rosa, siège du pouvoir exécutif argentin, à Buenos Aires

Si vous allez à Buenos Aires, je ne peux que vous conseiller de visiter le Cemitério da Recoleta. Inauguré en 1822, il concentre un nombre impressionnant de célébrités Argentines, mais surtout son agencement et son fonctionnement en font un lieu étonnant et intéressant. La visite guidée, gratuite, permet de comprendre beaucoup de choses et d’apprécier davantage les lieux.

Que ce soit dans le Cemitério da Recoleta ou partout ailleurs à Buenos Aires –et probablement dans le reste de l’Argentine– on entend parler et on voit sans cesse des images d'Eva Perón, dite Evita. Née en 1919, elle a été élevée dans un milieu social défavorisé avant de se marier, en 1945, à Juan Perón qui deviendra Président d’Argentine un an plus tard. Malgré sa fonction de Première Dame, elle n’a jamais été déconnectée de la base ce qui lui permet d’être très populaire. La création d’une fondation à son nom et ses combats pour diverses causes ont également participé à cette popularité. J’ai été impressionné par son omniprésence et son importance aujourd’hui encore, plus de 60 ans après sa mort. Je ne me rappelle pas avoir déjà vu un tel phénomène autour d’une personnalité publique disparue depuis plusieurs décennies ; elle a également un musée à sa mémoire. Tout au long de ma semaine à Bs As, j’ai vu un nombre incalculable de photos et références à Evita et les amis Porteños m’en ont également naturellement parlé.

La visite du Teatro Colon (Théâtre Colon) reste incontestablement comme l’une des plus intéressantes. Inauguré en 1908, il mélange les styles néorenaissants italiens et néobaroques français. L’ensemble donne quelque chose de très joli et la visite guidée –que j’ai suivie en portugais pour sortir un peu du « portunhol »– permet de vraiment bien comprendre l’histoire du théâtre, et donc son architecture et ses différents agencements. Notre guide nous a également informés que la propagation du son dans cette salle d’opéra est l’une des meilleures au monde, devant l’Opéra Garnier à Paris. Il me reste à effectuer la visite Parisienne pour être en mesure de comparer...

Photo de l’intérieur du Teatro Colon, à Buenos Aires

L'intérieur du Teatro Colon, à Buenos Aires

Au cours de mon séjour, j’ai indéniablement perçu le côté latino de Buenos Aires, que ce soit à travers de la musique, des habitants ou de la culture d’une manière générale. On sent malgré tout un côté très Européen –ce qui est logique avec l’histoire du pays-, j’ai à plusieurs reprises eu l’impression d’être à Paris ! Certains cafés, des ambiances et les traits de certains Porteños m’ont rappelé la capitale française. Comme ce Café Tortoni, fondé en 1858 et dont le nom fait référence au café éponyme situé Boulevard des Italiens, à Paris, où se réunissait l'élite de la culture parisienne du XIXème siècle. Je trouve en tout cas que Buenos Aires n’a pas volé son surnom de « la plus Européenne des villes Sud Américaine ».

Le Café Tortoni, fondé en 1858, situé au 825 Avenida de Mayo à Buenos Aires

Le Café Tortoni, fondé en 1858, situé au 825 Avenida de Mayo à Buenos Aires

J’ai en tout cas vraiment apprécié cette semaine à Bs As, notamment car j’ai eu le temps d’en profiter, à mon rythme. Je n’ai évidemment pas tout vu, mais j’ai découvert des choses variées qui m’ont plu. Peut-être comme une transition en douceur avant mon retour en France, programmé deux semaines plus tard...

Hasta luego,

PS : j’ai ajouté des albums photos de Buenos Aires, n’hésitez pas à les consulter.

 
Glaciers, randonnées et magnifiques paysages de Patagonie PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Vendredi, 18 Octobre 2013 16:34

El Calafate, que j’ai rejoins en auto-stop depuis Puerto Natales, est l’une des principales villes touristiques de la Patagonie Argentine. Cette bourgade, dont la population a manifestement triplé entre 2001 et 2007, est idéalement située en étant à proximité du Perito Moreno et du Parque Nacional Los Glaciares.

Je n’ai pas l’habitude de faire de la publicité ici mais je ne peux que vous recommander chaudement l’auberge de jeunesse Posada Patagonica Nakel Yen (Pto. San Julian 244) à El Calafate. Il s’agit tout simplement de l’un des meilleurs hostel dans lequel j’ai séjourné, tous pays confondus. Qu’est-ce qui est si bien ? L’auberge est simple, mais son personnel est super sympa, agréable, accueillant, aidant... Et ce n’est pas une ou deux personnes, mais vraiment tout le staff. Ca peut évoluer, mais lors de mon passage en mars 2013, cette posada a été un véritable coup de cœur. Et en plus le petit déjeuner était très bon et copieux !

Le Perito Moreno, d’une hauteur de 60 mètres au dessus de l’eau (Patagonie, Argentine)

Le Perito Moreno, d’une hauteur de 60 mètres au dessus de l’eau (Patagonie, Argentine)

Balade sur un glacier

 

Le site le plus connu autours d’El Calafate est sans nul doute le Perito Moreno. Il s’agit de l’un des trois seuls glaciers de Patagonie qui n'est pas en régression et ses dimensions sont assez hallucinantes : le front fait 5000 mètres de large, la hauteur est de 170 mètres dont 60 mètres émergés et il avance d’environ 2 mètres par jour. On ne prend la totale mesure du glacier seulement lorsqu’on a un point de repère devant –un bateau par exemple– et ça devient alors très impressionnant.

Le front du Perito Moreno, d’une largeur de 5 Km (Patagonie, Argentine)

Le front du Perito Moreno, d’une largeur de 5 Km (Patagonie, Argentine)

C’est très touristique mais j’avais décidé de faire une « mini randonnée » sur le glacier, c’est quand même une expérience assez unique. Et j’ai été très surpris par la surface du Perito Moreno, on dirait d’énormes meringues avec pleins de pics et des trous !

Des touristes se baladant sur les énormes « meringues » au dessus du Perito Moreno !

Des touristes se baladant sur les énormes « meringues » au dessus du Perito Moreno !

Pendant une heure et demie on s’est baladé, crampons aux pieds, sur les « meringues » au dessus du glacier ; le temps était mitigé mais la balade est super sympa et surprenante. Il y a également, parfois, de véritables crevasses dans lesquelles il est préférable de ne pas tomber... En tout cas se balader de la sorte sur un glacier est une expérience assez incroyable !

Une crevasse au dessus du Perito Moreno, attention à la chute !

Une crevasse au dessus du Perito Moreno, attention à la chute !

Lorsque l’on prend du recul, le Perito Moreno reste toujours aussi impressionnant. Et les chutes de glace le sont tout autant : comme le glacier avance de 2 mètres par jour, il y a (presque) la quantité de glace équivalente qui tombe quotidiennement. Chaque chute débute par un grand craquement sourd, la chute d’un (plus ou moins) gros morceau de glace et un bruit qui résonne, alors que la vague créée par la chute de la glace dans l’eau se propage. Je n’ai vu que des morceaux de glace relativement petits tomber et c’est déjà bruyant, ça doit être vraiment impressionnant lorsque de gros morceaux se détachent du glacier !

Vue d’ensemble du Perito Moreno (El Calafate, Patagonie)

Vue d’ensemble du Perito Moreno (El Calafate, Patagonie)

Croisière autour des glaciers

 

Ma cuisse étant encore douloureuse, je préfère ne pas reprendre trop rapidement la randonnée pour ne pas aggraver les choses, je profite donc d’une « croisière » d’une journée dans le Parque Nacional los Glaciares. L’occasion de voir des icebergs de près et plusieurs autres glaciers de Patagonie.

Un iceberg bleuté dans le Parque Nacional los Glaciares

Un iceberg bleuté dans le Parque Nacional los Glaciares

Parque Nacional los Glaciares, El Calafate (Patagonie, Argentine)

Parque Nacional los Glaciares, El Calafate (Patagonie, Argentine)

Reprise des randonnées

 

Je sors ensuite des foules de touristes et réalise une randonnée vers le Lago Roca. Située à 60 Km d’El Calafate, ce site est relativement calme : durant toute la journée je n’ai croisé que les 4 autres personnes avec qui je partageais le bus le matin. Les paysages sont vraiment jolis, avec une vue sur le Lago Roca ainsi que sur le Perito Moreno. La randonnée est bien agréable, au calme avec une jolie vue. Ca monte cependant pas mal, avec parfois des cailloux / graviers qui « glissent » quand on monte, c’est assez fatiguant ! Nous atteignions finalement tous le sommet en beaucoup moins de temps que prévu et, même si le temps est couvert, les paysages sont superbes. Le vent souffle fort et est froid, j’avale assez rapidement mon pique nique avant d’entamer la descente.

Panorama sur le Lago Roca (El Calafate, Patagonie Argentine)

Panorama sur le Lago Roca (El Calafate, Patagonie Argentine)

Ma première expérience d’auto-stop en Patagonie, entre Puerto Natales et El Calafate, s’étant bien déroulée j’ai décidé de conserver ce mode de transport. Je suis à la sortie d’El Calafate depuis quelques minutes à peine, pouce levé, lorsqu’une voiture s’arrête. Elle va à El Chalten, ma destination finale distante de plus de 200 Km. La communication dans un mélange de portugais et d’espagnol n’est pas toujours simple mais le trajet est sympa.

El Chalten est une petite bourgade de quelques centaines d’habitants. Contrairement à El Calafate qui attire énormément de touristes de tous types, El Chalten réunit principalement des randonneurs, c’est ici le paradis des petits trekks. Il n’y a pas de circuits organisés ici, seulement des randonnées toutes plus sympas les unes que les autres.

Chemin de randonnée en Patagonie, Argentine

Chemin de randonnée en Patagonie, Argentine

Que la nature est belle !

 

Les muscles de ma cuisse gauche sont toujours douloureux, je décide donc de me rendre au Laguna Torre, cette randonnée plutôt facile et d’environ 11 Km se fait très facilement dans la journée. Je pars volontairement tôt ce qui me permet d’arriver au lac en fin de matinée. Il y a peu de randonneurs et les lieux sont vraiment superbes, quel plaisir de pouvoir profiter du panorama en toute tranquillité !

Laguna Torre (El Chalten, Patagonie)

Laguna Torre (El Chalten, Patagonie)

Alors que je termine mon pique-nique, les randonneurs se font plus nombreux et les lieux perdent de leur « magie ». Je décide donc de continuer en direction du mirador Maestri, d’où l’on surplombe le glacier. Situé à 850 mètres d’altitude –soit 200 mètres de plus que le lac– ce point de vue permet de bien voir la profondeur du glacier, on le voit vraiment « descendre de la montagne ».

Vue depuis le mirador Maestri (El Chalten, Patagonie)

Vue depuis le mirador Maestri (El Chalten, Patagonie)

L’ambiance dans ce village d’El Chalten est agréable. Le fait d’y retrouver surtout des randonneurs et les températures relativement fraiches en soirée et la nuit donnent l’impression qu’on est tous de la même famille. Au restaurant le soir on recroise forcément des personnes rencontrées sur les chemins ou dans l’auberge de jeunesse. C’était déjà le cas dans les autres villes de Patagonie, mais El Chalten me permet de vraiment bien manger : excellentes viandes, accompagnements bien cuisinés, le tout en quantité généreuse, les dîners sont toujours de bons moments et ma gourmandise est comblée ! Sans parler des viennoiseries qu’on trouve dans les boulangeries et qui font de merveilleux goûter de quatre heures ! Les soirées au restaurant sont généralement partagées avec d’autres voyageurs, Américains, Suisses ou Argentins notamment, c’est toujours des moments agréables.

Bois sec, neige, glacier et ciel bleu à El Chalten, en Patagonie

Bois sec, neige, glacier et ciel bleu à El Chalten, en Patagonie

La prévision météorologique de ce lundi 1er avril prévoit du beau temps, l’occasion de prendre la direction du Laguna de Los Tres. Après un transfert motorisé jusqu’à l’Hôtel El Pilar, la randonnée commence tranquillement sur un chemin facile, en longeant le Rio Blanco. Le soleil qui se lève en illuminant les montagnes donne de belles couleurs.

Vue depuis le Rio Blanco, en chemin pour le Laguna de Los Tres (Patagonie)

Vue depuis le Rio Blanco, en chemin pour le Laguna de Los Tres (Patagonie)

La dernière partie a un dénivelé nettement plus important, ça monte de 400 mètres en...une courte distance. Le genre de chemin rocailleux dont tu ne vois pas forcément la fin ! Comme j’y suis relativement tôt le chemin est bien tranquille...et l’arrivée sur le lac donne un panorama tellement joli, au pied du Fitz Roy, qu’on oublie immédiatement l’effort nécessaire pour arriver là !

Laguna de Los Tres, l’un des plus jolis endroits de Patagonie

Laguna de Los Tres, l’un des plus jolis endroits de Patagonie

Un lac bleu, un glacier qui descend des montagnes et de grandioses pics recouverts de neige au fond. Je reste un moment à profiter du paysage. Que la nature est belle ! Comme la veille, je quitte les lieux au moment où le nombre de randonneurs augmente sensiblement. Le retour vers El Chalten, en passant notamment par le Laguna Capri est bien agréable.

Le Mont Fitz Roy en Patagonie

Le Mont Fitz Roy en Patagonie

Cette région me plait, les randonnées sont magnifiques et les gens sont sympas. J’effectue une dernière petite randonnée mais de vieilles douleurs aux genoux refont leur apparition depuis quelques jours –alors que ma cuisse, elle, est nettement moins douloureuse- donc j’évite les journées complètes de marche. Dommage, car la région comporte pleins de jolies excursions, il est possible de faire des circuits différents tous les jours pendant au moins une semaine !

Début de journée à El Chalten, en Patagonie

Début de journée à El Chalten, en Patagonie

Mon séjour à El Chalten se termine et je dois rejoindre Rio Gallegos pour prendre un avion en direction de Buenos Aires. Comme mes précédents trajets se sont bien passés, je décide de me rendre à Rio Gallegos, située à plus de 450 Km, en autostop. Le début est laborieux –ce n’est pas que les voitures ne s’arrêtent pas, c’est qu’il n’y a pas de voiture !– mais je rejoins finalement ma destination plus rapidement que prévu, et probablement plus rapidement qu’en bus. Cela me permet d’attraper un vol qui part en fin de journée au lieu du lendemain matin, j’évite une nouvelle nuit à l’aéroport. Dans l’avion, un splendide coucher de soleil colore le ciel Sud Argentin, une jolie manière de terminer ces deux bonnes semaines en Patagonie...

Hasta luego,

PS : j’ai ajouté des albums photos de la Patagonie Argentine, n’hésitez pas à les consulter.

 
Parque Nacional Torres del Paine, randonnées en pleine Patagonie PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Mercredi, 09 Octobre 2013 15:56

Certes je n’ai pas vu d’ours polaire, mais le reste de mon article du premier avril est réalité. Comme un « au revoir » à l’Amérique du Sud, j’ai pris quelques semaines pour voyager en Patagonie et à Buenos Aires avant de rentrer en France.

Par 51° Sud

 

Deux avions, deux bus et quatre frontières plus loin me voilà par 51° Sud, dans le Parque Nacional Torres del Paine, au Chili. Cette latitude ne dit peut-être pas grand-chose à certains, mais ça parlera au moins aux « voileux » ; surtout quand on sait que le Cap Horn se trouve par 55° Sud.

Des randonneurs dans le Parque Nacional Torres del Paine, en Patagonie (Chili)

Des randonneurs dans le Parque Nacional Torres del Paine, en Patagonie (Chili)

Le Parque Nacional Torres del Paine est l’un des principaux lieux de randonnées de Patagonie, avec deux circuits disponibles : le « W », sur 3-4 jours, et le « O » sur 7-8 jours. Le premier est relativement facile et peut-être fait en dormant sous tente ou en refuge. Le second nécessite obligatoirement une tente (au moins pour une partie) et une certaine autonomie en termes de nourriture...et une bonne condition physique. Le circuit en « O » doit être super sympa mais divers raisons me poussent à faire seulement le « W », au moins pour cette fois ci !

Le Lago Nordenskjöld, en Patagonie Chilienne

Le Lago Nordenskjöld, en Patagonie Chilienne

Les Torres

 

Transfert depuis Puerto Natales réalisé et affaires déposées au refuge, je prends la direction des « Torres » (tours) qui ont données le nom au parc. La journée est déjà bien avancée quand je débute la marche et, même s’ils ne m’ont rien dit de spécial à la réception du refuge quand j’ai annoncé mon objectif du jour, je n’ai pas beaucoup de marge d’après les temps informés sur la carte. La température est fraiche, ça grimpe, je n’ai pas fait beaucoup de sport ces derniers mois et je marche relativement vite. Trop vite même. Je sens rapidement une douleur en haut d’une cuisse et celle-ci se fait de plus en plus forte. Je fais de courtes pauses quand la douleur est trop forte et j’atteins les points intermédiaires en beaucoup moins de temps que prévu ; j’avais en fait tout mon temps ! J’arrive finalement aux Torres relativement tôt et profite des lieux, même si les nuages sont présents.

Les Torres, qui ont donnés leur nom au parc. Patagonie (Chili)

Les Torres, qui ont donnés leur nom au parc. Patagonie (Chili)

La météo est typique de la Patagonie, les 4 saisons se succèdent au cours de la journée. Dès que le soleil apparait il fait bon et on est en manches courtes, quand les nuages prennent le pouvoir et que le vent se lève on sort polaire et/ou veste et bonnet et entre les deux...on n’arrête pas de mettre et enlever des épaisseurs. Ca fait parti du charme local !

La soirée au refuge est sympa, avec un dîner accompagné de deux Brésiliens et deux Portugais à l’accent très prononcé (autant le portugais du Brésil peut être sympa et « chantant », autant celui du Portugal fait, je trouve, un peu mal aux oreilles !). Je n’ai pas l’habitude des randonnées et donc de ces rencontres d’après marches et même si le refuge est immense –ça n’a de refuge que le nom, c’est plutôt une auberge de jeunesse- c’est sympa de se retrouver comme ça autour d’un plat chaud.

Lever de soleil dans le Parque Torres del Paine en Patagonie

Lever de soleil dans le Parque Torres del Paine en Patagonie

Du vent en veux-tu en voilà

 

L’autre caractéristique de la météo Patagonne est le vent fort, très fort. Comme pour continuer une découverte typique des lieux, le vent souffle vigoureusement pour ce second jour de marche. J’avale un comprimé anti douleur pour ne pas être gêné par ma cuisse, mets mon gros sac sur le dos, enfile mon bonnet et mes gants et prends la direction de l’ouest. Programme du jour : relier Paine Grande, 24 Km à l’ouest du refuge Torres Norte.

Passages de cheveux devant le Lago Nordenskjöld - Patagonie

Passages de chevaux devant le Lago Nordenskjöld - Patagonie

La marche est sympa, je croise très peu de monde et les paysages sont jolis. Le vent, déjà fort au départ, se renforce rapidement, rendant tout blanc d’écume un petit lac (le Laguna Inge). Le chemin m’amène en bordure du lac Nordenskjöld que je vais longer pendant plusieurs kilomètres, je passe même par l’une des plages du lac mais l’ambiance n’est pas à la baignade. Le vent continu à se renforcer, les arbres plis mais ne cèdent pas –l’habitude, sûrement–, l’eau du lac est blanche avec, de temps à autres, de grandes « fumées d’écumes ». La pluie se joint à la fête. Je ne connais pas la Patagonie, mais ces conditions météos sont celles que j’imaginais rencontrer un jour ou l’autre au court de mon voyage. Le vent rend la marche difficile et la pluie –à l’horizontale, évidemment– la rend inconfortable. Les rafales de vent sont vraiment fortes, je ne me rappelle pas avoir déjà vu les éléments aussi déchainés. Une rafale plus forte que les autres arrive, un groupe d’Allemands à une trentaine de mètres de moi s’accroupi alors que je sécurise mes appuis. Ca ne sera pas suffisant, le vent est si fort que je fais quelques mètres sans le vouloir, jusqu’à ce que je m’accroupisse à mon tour et mette mon sac à dos à terre. Impressionnante rafale ! Eole se calmera quelques heures plus tard, le plus fort est passé.

Le vent est fort, très fort sur le Lago Nordenskjöld en Patagonie

Le vent est fort, très fort sur le Lago Nordenskjöld en Patagonie

Ma cuisse, elle, se fait de plus en plus douloureuse et j’ai du mal à lever la jambe. Les 8-9 derniers kilomètres ne sont pas agréables à cause de ma jambe qui traine à terre à chaque pas, pas l’idéal en randonnée !

C’est trempé jusqu’aux os et frigorifié que j’arrive au refuge. Même si mes vêtements de rechange sont eux aussi bien humide, la bonne douche chaude est un réel bonheur ! Le « refuge » est énorme, là encore il s’agit plus d’une grande auberge de jeunesse qu’autre chose, mais la soirée avec d’autres voyageurs autour d’un bon diner bien chaud est sympa. Pour moi la randonnée comprend vraiment deux aspects : la marche d’un côté, les rencontres d’autres voyageurs d’un autre. Et malgré le manque de charme de plusieurs de ces refuges (sauf le refuge Los Cuernos, qui semble très chaleureux), j’arrive à combiner les deux et c’est bien sympa.

Premier glacier

 

Après avoir presque perdu mon (unique) pantalon la veille au soir en le faisant sécher –le vent était encore fort et l’attache n’a pas tenu !–, c’est sous un grand ciel bleu que je m’élance en direction du Glacier Grey. J‘avais initialement prévu de me rendre à la Vallée des Frances mais la douleur à la cuisse m’en dissuade ; marcher ne fait qu’empirer le problème donc je décide d’annuler la balade vers cette vallée (28 Km de marche A/R). Même si c’est bien dommage, cette décision est la bonne et mes premiers pas de cette troisième journée son catastrophiques : ma cuisse me fait mal, j’ai du mal à lever la jambe et je bute sur les pierres. Pas terrible ! Heureusement ça s’améliore au fur et à mesure des kilomètres, une fois les muscles chauds.

Le temps est agréable et, comme toujours, les paysages très sympa. C’est plaisant de voir le soleil après la journée pluvieuse de la veille. Les premiers growlers font leur apparition, rejoints plus tard par des icebergs bleutés ; ce type de paysage est quand même assez inhabituel !

Le Lago Grey et des growlers bleutés – Parque Torres del Paine, Chili

Le Lago Grey et des growlers bleutés – Parque Torres del Paine, Chili

Même s’il est encore loin, on aperçoit le Glacier Grey au fond ; il n’apparaît cependant que partiellement. Il me faudra attendre un peu avant de le découvrir vraiment, mais le jeu en vaut la chandelle !

Le Lago Grey et le glacier du même nom, au fond - Patagonie

Le Lago Grey et le glacier du même nom, au fond - Patagonie

Comme je n’ai pas été dans la Valée dos Frances, cette randonnée vers le Glacier Grey sera la dernière dans ce parc et je retourne plus rapidement que prévu à Porto Natales. L’occasion de faire une lessive –ce n’est pas du luxe !– et de profiter d’un bon steak local, un vrai plaisir !

Le bus est plein ? Pas de soucis, j’y vais en stop !

 

Je vais le dire clairement, je n’aime pas planifier mes voyages. J’aime aller à mon rythme, comme je le sens sur le moment. Si j’apprécie un lieu, j’y resterai plus longtemps que ce que j’avais imaginé. Si, au contraire, je ne me sens pas bien quelque part, je trace rapidement ma route. Mes meilleurs souvenirs de voyage sont tous liés à des lieux que j’ai appréciés –souvent par des rencontres– et dans lesquels je suis resté plus longtemps que prévu initialement. Le problème de voyager ainsi est que les auberges de jeunesse et les bus n’ont pas un nombre illimité de places...

Laguna Los Patos dans le Parque Torres del Paine, en Patagonie

Laguna Los Patos dans le Parque Torres del Paine, en Patagonie

Après quelques hésitations, je décide samedi soir de rejoindre El Calafate, en Argentine, dès le lendemain matin. Une incompréhension avec la gestionnaire de mon hostel me fait arriver tard à la gare routière...et la personne devant moi achète le dernier billet de bus disponible. On est dimanche et c’est le seul bus de la journée. Une phrase d’une touriste fait « tilt » lorsqu’elle dit « vas-y en autostop ». Depuis que je vis en Amérique du Sud j’ai perdu le réflexe autostop -c’est plutôt déconseillé au Brésil-, il m’arrive d’en faire seulement à certains endroits. Mais la Patagonie me semble être le lieu parfait pour m’y remettre, même si les routes sont plutôt désertes...

La Patagonie n’est pas toujours une terre hospitalière...

La Patagonie n’est pas toujours une terre hospitalière...

282 Km, 6 voitures et 2 frontières plus loin me voilà à El Calafate ; en moins de temps qu’il ne m’en aurait fallu en bus ! Et en prime j’ai fait des rencontres intéressantes, entre le premier conducteur qui m’explique qu’il va en Argentine (30 minutes de route) juste pour faire le plein de sa voiture car l’essence y est 2 fois moins cher. Ou cet Argentin de 70 ans qui connait la région comme sa poche et qui, pendant une heure et demie passée ensemble, n’arrête pas de me montrer des choses, de m’expliquer la faune, flore ou la météo locale. Super sympa !

Me voila donc de nouveau en Argentine, pour la troisième fois en quelques mois. Mais cette fois ci je ne fais pas qu’y passer, j’ai deux semaines et demi devant moi. A suivre, donc !

Hasta luego,

PS : j’ai ajouté des albums photos du Parque Nacional Torres del Paine, n’hésitez pas à les consulter.

 
Augmentation du prix des transports, la goute qui a fait déborder le vase PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Samedi, 22 Juin 2013 22:43

Depuis une dizaine de jours, je regrette de ne pas être au Brésil. Pas pour suivre la Coupe des Confédérations de football, mais pour suivre, vivre et participer à un mouvement de protestation de grande ampleur. Plus de 20 ans que le Brésil n’avait pas vécu ça, et pourtant c’est plus que nécessaire.

Des manifestations ont eu lieu dans plus de 100 villes Brésiliennes – Crédits photos inconnus

Des manifestations ont eu lieu dans plus de 100 villes Brésiliennes – Crédits photos inconnus

Les évènements actuels ont commencés suite à l’augmentation du prix des transports en communs dans plusieurs Etats. Une augmentation de 20 centimes de Real (8 cts d’euro), une goute qui a fait déborder le vase. Trop c’est trop. Ce n’est pas cette (nouvelle) augmentation qui a embrasée le Brésil ces derniers jours, mais une liste bien plus complètes des problèmes du Brésil : un coût de la vie très élevé alors que les salaires sont faibles, la corruption qui coûte 50 milliards de dollars par an, l’insécurité, des infrastructures de transport insuffisantes, un manque criant d’investissement dans l’éducation et la santé, etc. Alors que dans le même temps le pays a dépensé 10 milliards d’euros pour l’organisation de la Coupe du Monde 2014, un évènement pourtant loin des préoccupations et des souhaits des Brésiliens. Non, le Brésil n’est pas qu’un pays de football.

Il y a bien d’autres insatisfactions que les 20 cts d’augmentation – Crédits Jennifer Winter

Il y a bien d’autres insatisfactions que les 20 cts d’augmentation – Crédits Jennifer Winter

Lorsque j’étais au Brésil, j’ai souvent été impressionné par la « capacité » des Brésiliens à tout accepter : payer beaucoup d’impôts, payer très chers de nombreux produits de la vie quotidienne et tous les problèmes énoncés plus hauts (les manques au niveau de la santé, de l’éducation, des transports, etc.). Les Brésiliens acceptent tout, ou presque, sans réclamer. Bien loin de notre culture française… Alors que je n’ai jamais, absolument jamais, manifesté en France, je disais régulièrement à des amis brésiliens « sortez dans la rue, allez manifester, ne tolérez pas plus longtemps cette situation ». Mais la culture Brésilienne est différente, leur histoire est différente et avec les Brésiliens c’est souvent « tá tudo muito bom, tá tudo muito bem » (« tout est bon, tout va bien »).

Depuis quelques jours, les Brésiliens sortent donc dans la rue pour protester. Ca me fait plaisir pour eux, pour le Brésil. Ce mouvement est vraiment nécessaire.

« On n’a jamais vu autant de gens honnêtes au congrès », une manière de dénoncer la corruption des politiques– Crédits photo inconnus

« On n’a jamais vu autant de gens honnêtes au congrès », une manière de dénoncer la corruption des politiques – Crédits photo inconnus

Les réseaux sociaux ont joués un rôle très important dans cette mobilisation –ni syndicats ni partis politiques apparaissent dans les cortèges. Depuis dix jours, plus de 90% des messages de mes amis Brésiliens sur Facebook concernent ces protestations.

La police et les manifestants face à face - Crédits photo inconnus

La police et les manifestants face à face - Crédits photo inconnus

Les manifestations ont touchées une centaine de villes à travers le Brésil avec plus d’un million de personnes dans les rues certains jours. Il y a, bien malheureusement, eu des débordements de manifestants, ou plus exactement certains casseurs ont profités des manifestations pour mettre le bazar. Il y a eu davantage encore de débordements du côté de la police. Une police qui n’est absolument pas préparée à ce type de d’évènement et qui réagi souvent de façon violente : tirs de balles de caoutchouc (et même balles réelles dans certains cas) ou de gaz lacrymogènes vers des manifestants calmes qui chante l’hymne national ou qui scandent « sans violence ».

Jeudi soir les manifestations ont encore dégénérées dans plusieurs villes du pays. D’après mes informations il s’agit, comme très souvent, d’une infime minorité qui profite de l’évènement pour se défouler. C’est extrêmement dommage car ça ternit l’ensemble du mouvement. Et une nouvelle fois la police semble avoir largement abusé de ses forces en jetant des gaz lacrymogène et du piment sur les gens qui rentraient tranquillement chez eux après les manifestations (plusieurs amis ont été touchés).

En Une du New York Times du 19 juin, un policier Brésilien envoie un gaz à la figure d’une manifestante

En Une du New York Times du 19 juin, un policier Brésilien envoie un gaz à la figure d’une manifestante

L’un des principaux thèmes des manifestations est : pourquoi le Brésil dépense-t-il des dizaines de milliards de Reais pour la Coupe du Monde de football et les Jeux Olympiques alors que les services publics de bases concernant l’éducation et la santé sont extrêmement mauvais ? Ces dépensent étaient connus, mais leurs montants ne fait qu’augmenter pour atteindre aujourd’hui des valeurs hallucinantes. La Coupe du Monde 2014 va coûter (au minimum) 10 milliards d’euros ; l’Allemagne avait dépensée 3 fois moins en 2006 et l’Afrique du Sud plus de 4 fois moins en 2010. Les seuls stades vont coûter plus de 2,5 milliards d’euros au Brésil ; celui de Brasília –ou le football n’est pas très présent- va coûter au moins 2 fois plus qu’initialement prévu, la facture devrait être entre 500 et 600 millions d’euros.

Soyons clair, il y a bien d’autres priorités au Brésil –éducation, santé, transport et sécurité par exemple- que de faire de beaux stades de football.

Des médias qui tournent le dos aux milliers de manifestants pour montrer seulement les actes de violences commis par une infime minorité - Crédits image inconnus

Des médias qui tournent le dos aux milliers de manifestants pour montrer seulement les actes de violences commis par une infime minorité - Crédits image inconnus

Le traitement médiatique de ces manifestations créé également la polémique au Brésil. La Globo, groupe médiatique présent sur différents supports et qui possède plusieurs chaines de télévision qui en fait le second plus important réseau de télévision privé du monde, a une lecture extrêmement orientée des évènements actuels. Il est souvent dit qu’il existe un accord tacite entre le gouvernement et la Globo depuis la fin de la dictature. En tout cas ils parlent peu des manifestants et beaucoup plus des casseurs... Des appels à des « journées sans la Globo » ont été lancés sur les réseaux sociaux.

Appel à ne pas regarder les chaines de la Globo le 24 juin - Crédits image inconnus

Appel à ne pas regarder les chaines de la Globo le 24 juin - Crédits image inconnus

Je suis, pour plusieurs raisons, déçu de ne pas être aux côtés des brésiliens pour défiler avec eux. Tout d’abord car j’aurai aimé leur montrer activement mon soutien. J’ai vécu plus de 3 ans au Brésil et je suis content qu’ils soient dans la rue car je pense que c’est vraiment nécessaire, c’est donc dommage de ne pas pouvoir les accompagner physiquement. Ensuite, ma déception est du au fait qu’il est toujours intéressant de vivre de tels « tournants » d’un pays, de participer aux grandes évolutions d’une société. Même si sur ce point il reste encore beaucoup à faire pour inscrire le mouvement actuel dans l’Histoire du Brésil... Croisons les doigts !

Até logo,

 
De retour en France, merci et à bientôt le Brésil PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Stéphane   
Dimanche, 05 Mai 2013 10:47

Voila, c’est fait. La page « Brésil » est tournée, même si j’y retournerai surement un jour ou l’autre. Après 3 ans et demi à Rio de Janeiro, je suis rentré vivre en France, comme je vous l’annonçais dès février. Une nouvelle histoire commence à s’écrire...

Une banale fin de journée à Rio de Janeiro...

Une banale fin de journée à Rio de Janeiro...

J’ai arrêté de travailler mi-mars et me suis accordé quelques semaines en Amérique du Sud avant de rentrer. Une sorte de pèlerinage. Je me suis notamment rendu en Patagonie –côtés Argentins et Chiliens- et à Buenos Aires ; je reviendrai prochainement sur ces voyages à travers d’articles. Je suis également passé à Belo Horizonte pour voir quelques copains ; les habitants de cette ville resteront pour moi un véritable coup de cœur. Je suis ensuite revenu à Rio pour une dizaine de jours, juste à profiter de la ville et du temps sur place pour voir des amis. Une dizaine de jours ponctués par des balades sur la plage, des acai –un fruit d’Amazonie- dévorés avec plaisir et des soirées à refaire le monde autour d’un verre ou d’une assiette ou à (essayer de) danser la samba.

Vu sur la « Zona Sul » de Rio de Janeiro depuis les « 2 Irmãos »

Vu sur la « Zona Sul » de Rio de Janeiro depuis les « 2 Irmãos »

Une dizaine de jours à profiter des bons côtés de Rio et à me dire régulièrement, même si je le savais déjà, que tout ça allait vraiment me manquer… Mais sans aucun regret, je sais que cette décision de rentrer en France est la bonne. Il me faudra quand même revenir de temps en temps au Brésil et à Rio « para matar a saudade » comme on dit au Brésil (« saudade » est difficile à traduire, mais on peut ici vulgairement dire « pour tuer le manque »).

C’est avec deux valises de 32 Kg chacune et un bagage à main dépassant de quelques kilos la limite autorisée que je prends la direction de l’aéroport Galeao Antonio Carlos Jobim en cette après midi ensoleillé de la fin du mois d’avril. Mon vol en direction de Paris partira (presque) à l’heure.

Embarquement immédiat. Merci et à bientôt, Brésil...

Embarquement immédiat. Merci et à bientôt, Brésil...

Me voila dorénavant en France après un voyage qui s’est bien passé. Je suis en recherche active d’un emploi en ingénierie, méthodes et process industriels ; n’hésitez pas à m’envoyer vos contacts potentiellement intéressés par mon profil ou à leur transmettre l’adresse de mon site professionnel.

Alors, maintenant que je suis en France, quel avenir pour TravelSteph.com ? Ce n’est pas encore déterminé, mais j’ai plusieurs semaines ou mois d’articles en cours d’écriture –sur le Brésil, l’Argentine et le Chili- donc vous pouvez continuer à visiter régulièrement le site, il y a encore des nouveautés à venir.

Até logo,

 
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